mardi 2 mai 2006
La Mante pernicieuse

Muto, ergo sum.
Ma dimension féminine est devenue insectueuse.
Mes yeux sont des globules pétrolifères
Mon corps s'abyme :
Il a des élans mortifères.
La chrysalide fume et fond sur l'asphalte.
L'heure est à l'extasiant frémissement de mes ailes...
Tout est propice à l'Envol sans halte
De mon corps vers un Ailleurs parallèle.
dimanche 30 avril 2006
L'Empreinte de la diabole

L'Efreet suppure un magma de flammes.
Il retourne sa veste de lave
Et laisse derrière lui son empreinte de braise.
jeudi 27 avril 2006
Recette pour obtenir des Horreurs cosmiques sans nom

Prendre un peu de vide intersidéral,
Faire rôtir les étoiles en orbite,
Malaxer le tout avec du jus de comète,
Napper d'une couche de compote de nébuleuse.
Une fois le tout versé dans une soucoupe galactique,
Rajoutez quelques pépites de planètes
Et surtout des grains de météores.
Servir frais, à la température du zéro absolu.
mercredi 26 avril 2006
Paradogmatismus

Un moteur turbo-diesel dans une gondole
Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes haricots verts, y plonger tout mon hachoir à viande, comme un lance-roquettes altéré dans l'eau d'une voyante extra-lucide, et les vitupérer avec ma clé à cliquets comme un hard-top odorant, pour sauver des cloportes dans l'air.
Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes haricots verts ! Mon kit mains-libres voyage sur le ragondin comme l'âme des autres hommes sur la fraise écrabouillée.
Tes chocapic contiennent tout un pied de mouton, plein de branches de platane et de neurones ; ils contiennent de grandes mers dont les bougainvilliers me portent vers de systèmes d'alarme climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les rempailleurs de chaises, par les tentes de camping et par la quenelle humaine.
Dans l'océan de ta meurtrissure, j'entrevois un réfrigérateur fourmillant de touristes allemands mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et d'échasses de toutes formes découpant leurs frites surgelées fines et compliquées sur un café froid immense où se prélasse l'éternelle chaleur.
Dans les normes comptables de ta musaraigne, je retrouve les postillons des baguettes précuites surgelées posées sur un rebord de fenêtre, dans la méga teuf d'un mobil-home ivre, bercées par le potage imperceptible d'un bonnet péruvien, entre les patins à glace de chapeaux de cowboy et les chaussettes rouges et jaune à petits pois de Dorothée.
Dans l'ardent foyer de ta porcherie, je respire l'odeur du miasme mêlé à l'opium et au miraculé; dans la nuit de ton amphore, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les ballons dirigeables duvetés de ta banane je m'enivre des pucerons combinées du barbare, du pelochon et de l'huile de guili-guili.
Laisse-moi mordre longtemps tes merguez lourdes et noires. Quand je mordille tes corticoïdes élastiques et rebelles, il me semble que je mange des policiers.
Charles Beauderrière.
dimanche 23 avril 2006
Le germe de l'audace

La pluie a sillonné les caniveaux.
La moisissure a germé en verte flétrissure.
"Ne perds plus ton temps en palabres, idiot !
Ne vois tu pas que ce vert n'est que vaste vomissure ?"
Point ne me sent affecté par ses mots.
Je repose maintenant en mon lieu sûr.
vendredi 21 avril 2006
Cheval sanglant sanglé

Nul besoin d'être combattant pour cavaler dans nos avenues existessencielles. Perdre haleine inutilement, cracher sang et sueur phosphorescents, cultiver l'ardeur du vainqueur ou l'amertume du perdant...
Bah !
Je préfère m'en remettre au Dieu moissonneur qui fait soulever en moi des effluves de couleurs. Je deviens l'accoucheur en torpeur, le trompe-la-mort pourfendant les sycomores glacés de l'angoisse. Je commence à peindre, à poindre, à pondre... Et file sur mon cheval accomplir ma nekyia.
jeudi 20 avril 2006
La Bête Avale Hanche

(Photo fluidifiée, aux contours accentués)
La Bête.
Elle me charcute.
Elle triture ma chair.
Elle ondule dans les viscères des larves
Et pétrit mes muscles dans un chaudron d'esclaves.
vendredi 14 avril 2006
Ténébreux feu

Je m'appelle Lenferestici.
J'ai une haleine de flammes,
Et la langue bifide active.
Mon sbire est Satan Bouchucoin
Et je brûle les cieux de délice !
vendredi 7 avril 2006
Image ignée

Le Feu de l'esprit est feu de l'inspir.
Il me traverse et me renverse.
Je suis canal vibrant
D'une descente de Flammes.

Photos fluidifiées, passées sous filtre "contours accentués", puis symétrisées
mercredi 5 avril 2006
Instantané de préciosité

Quand le Mystère m'étreint,
Je m'incline en couleur devant lui
Et érige une oeuvre en son nom.














