samedi 28 octobre 2006
Le Horla

La maison, maintenant, n'était plus qu'un bûcher horrible et magnifique, un bûcher monstrueux, éclairant toute la terre, un bûcher où brûlaient des hommes, et où il brûlait aussi, Lui, Lui, mon prisonnier, l'Être nouveau, le nouveau maître, le Horla !
Soudain le toit tout entier s'engloutit entre les murs, et un volcan de flammes jaillit jusqu'au ciel. Par toutes les fenêtres ouvertes sur la fournaise, je voyais la cuve de feu, et je pensais qu'il était là, dans ce four, mort...
— Mort ? Peut-être ?... Son corps ? son corps que le jour traversait n'était-il pas indestructible par les moyens qui tuent les nôtres ?
S'il n'était pas mort ?... seul peut-être le temps a prise sur l'Être Invisible et Redoutable. Pourquoi ce corps transparent, ce corps inconnaissable, ce corps d'Esprit, s'il devait craindre, lui aussi, les maux, les blessures, les infirmités, la destruction prématurée ?
La destruction prématurée ? toute l'épouvante humaine vient d'elle ! Après l'homme le Horla. — Après celui qui peut mourir tous les jours, à toutes les heures, à toutes les minutes, par tous les accidents, est venu celui qui ne doit mourir qu'à son jour, à son heure, à sa minute, parce qu'il a touché la limite de son existence !
Non... non... sans aucun doute, sans aucun doute... il n'est pas mort... Alors... alors... il va donc falloir que je me tue moi !...
Guy de Maupassant, 1887
Commentaires
Impression d'arriver dans un film sur le surnaturel mais qui serait en fait vrai et pas juste un film...
brrrrrr...
L'aura tue le corps ou bien encore ...Mais que sont-ce ces lunettes infra-rouges ? je n'avais jamais encore vu un cerveau dans un tel état ! ;)
Plus sérieusement, il faut s'attendre à mourir à chaque instant pour que celui d'après ne soit que pure découverte.
presque peur c'est le sentiment que je prouve
dramatique.....
et très bien construit.....ce texte...
ly
La mort du corps ...
L'Esprit est éternel ...
HORLA LOI
Le Horla c'est l'envers de notre décor,notre double "maléfique", qui nous pousse à mourir à ce que nous croyons être, pour Etre enfin ce que nous sommes.
Superbe l'image !
Bon, là, je suis preplexe...
EUQINOREV ->
Ceci est le clausule d'une nouvelle fantastique de Maupassant... ceci dit, extraordinaire !
EDENLYS ->
Loi de la vie et voie initiatique !
FABRIZIO ->
Mal à l'aise à en éprouver ?
LADY ->
Un texte fort, à la folie furieuse !!
JEAN ->
Il est éternel et sans visage !
AÏMALUN ->
Bien vu ! C'est assez juste !
BRIESING ->
Demeure en ta perplexité mais ne meurt jamais... Bisou.
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